31 aout 2010, 8h du matin. 1 an jour pour jour. Je me suis réveillée sans réveil. Je n’avais pas eu de raison d’en mettre un. Même aujourd’hui, je sais que je n’en avais vraiment aucune ! La nuit avait été riche. Aucun souvenir d’un rêve, mais clairement il s’était passé 2 ou 3 trucs dans mon subconscient. J’étais en colère en repensant aux événements de la veille. De me sentir victime d’une injustice. Je me trouvais nulle de ne pas avoir réussie à me défendre, à voire venir, à me protéger, à éviter qu’on abuse de moi. Je me suis dit que j’aimais mon boulot, que je rentrais de vacances, que j’avais juste envie de continuer à bosser ! Et que je n’avais pas envie de laisser quelqu’un me priver de ce plaisir-là. Et au milieu de cette tristesse est apparue une lueur. Un truc incroyable que je n’ai pas vu venir. J’ai visualisée une phrase dans mon esprit : « je vais créer ma boite ». J’ai vraiment vu les lettres dans ma tête. Comme une évidence. Comme la mise en œuvre naturelle de « A toute chose, malheur est bon ». J’aime bien cette phrase, elle me guide face aux mauvaises surprises, me permet de rebondir.

C’était une intuition forte, une vraie évidence du plus profond de moi-même. Ce n’est que plus de 6 mois après que j’ai commencé à comprendre que, si cette intuition était si forte, c’est que cette décision mûrissait en moi depuis probablement des années, sans que j’en sois consciente. Aujourd’hui je découvre encore des raisons de cette décision. Il parait que l’intuition repose sur un raisonnement tangible, mais le cerveau a brassé si vite, tellement de données, qu’il n’a communiqué que ses conclusions, sans raconter la logique. Mais celle-ci existe, c’est pour ça que les intuitions marchent. Un ami, qui me devient cher, m’a expliqué ça récemment. Je trouve que c’est crédible.

Sur le moment j’étais autant terrifiée qu’excitée. Ce n’était vraiment pas raisonnable, à tout niveau. Et puis, j’ai pensé, aux autres décisions déraisonnables que j’avais prises dans ma vie. Elles se sont toujours avéré être les meilleures… Alors je me suis mise à mettre un pied devant l’autre. C’est ainsi qu’est né le projet de 2Way Consulting. Qui s’est d’abord appelé 2Way Agency. Ben oui, au départ je n’ai pas osé. Quand j’y repense maintenant je me fais un peu marrer : moi, faire un travail d’agence ? les choses à la place de mes clients ?! Pas de sens pour moi. Les choses sans sens m’ennuient. Et l’ennui m’empêche toujours de travailler.

La route a été sinueuse, pleine de doutes, d’inquiétudes, et d’espoirs. De solitude aussi, beaucoup de solitude. Il faut dire qu’au départ, je tirais un fil, j’avais une conviction qui me portait. Mais, honnêtement, je n’arrivais même pas à me formuler les choses à moi-même. Alors vendre quelque chose à quelqu’un… Et puis, à force d’itérations, de rencontres surtout, peu à peu l’horizon s’est éclairci. Tout à pris un sens, en terme de business certes, mais surtout par rapport à moi. Une extension naturelle du meilleur de moi-même, ce que j’aime, ce pour quoi j’ai du talent. Un lien avec le changement, Internet, les relations sociales, la création de valeur économique, l’humain et ce qui peut le rendre plus heureux. Une activité sur mesure, faite pour moi. Et qui a un marché ! Un jour, j'ai enfin pu dire « ce business, c’est de la bombe ! » et c'est moi qui l'ai fait!

Le plus drôle est qu’en fait, le plus grand bouleversement ne vient pas de ne plus être salariée. C’est une découverte sur soi, une porte qui s’ouvre avec des changements personnels importants. J’ai par exemple compris récemment que j’étais une « monsieur Jourdain » sur bien des sujets. C’est l’avantage des parcours où on fait des métiers bizarres dans un secteur économique dont certains doutent de l’existence… On cultive son humilité, on se débrouille, on observe, on réfléchit, on improvise, on reprends les trucs qui ont marché, toujours sur la pointe des pieds, sans oser dire qu’on sait faire, en ayant peur de se planter, parce que c’est toujours un peu la première fois… et, in fine, oh surprise, ça fait des savoir-faires !

Cette solitude de 365 jours a été nécessaire. Un « mal nécessaire » pour que les choses mûrissent dans ma tête, tranquillement, sans perturbation. Et aujourd’hui, c’est fini, cette étape est close. Je ne vais pas arrêter de penser, c’est sûr. Mais je ne vais plus le faire seule, parce que l’altérité m’est, plus que jamais, indispensable.

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