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21 grammes

Corps et âme en voie de liberté

· spiritualité,danse,Vivre,Aimer,Identité

Poser mon mental et mes chaussures au vestiaire, marcher pied-nus, sans cerveau, jusqu'à la piste de danse. Etre touchée par le cœur. Puis c'est mon corps tout entier qui est appelé. Il entre en conversation avec les vibrations de la musique. Etre au milieu des autres et plonger dans ce dialogue privé, intime, avec un accueil inconditionnel, un encouragement "oui, continue s'il te plaît!" et ma relance par mes mouvements "et ça est-ce que ça t'inspire ?"

Constater les mouvements inédits de mon corps. En être étonnée, émerveillée, réaliser que ce potentiel de vie était en moi... endormi ? La grâce d'un mouvement naturel immédiat, exprimant plus de justesse que ce que je suis parvenue à vivre, avec toutes les danses structurées existantes. Malgré mon investissement à les apprendre et à les pratiquer, avec tant d'amour.

Danser librement.

Lâcher-prise comme un pantin articulé par l'univers, répéter un mouvement à l'infini, avec l'impression de réparer quelque chose en moi. Un boulon à revisser ?! Moi, unité minuscule, et contribuant dans le même mouvement à l'entretien de la grande mécanique du monde.

Comprendre qu'enfin la vie s'exprime pleinement. Avec les danses identifiées, j'étais contrainte en mode prêt-à-porter. Avec une exigence : un résultat prédéterminé, normé, visible, source de frustration, de pression et d'insécurité sur ma "capacités à". Comment entrer dans un costume "pour tous" et être pleinement vivant ? Libérer la danse, c'est être en confiance absolue, ressentir la sécurité d'un soin sur mesure pour mon corps, à sa juste place, entre la Terre et le Ciel.

Le sentir s'ouvrir comme tous les échauffements dédiés ne lui ont jamais permis de le faire. Sentiment d'infinies possibilités dans le mouvement, d'une légèreté grandissante, de clarté et de douceur, accélérer, m'envoler puis ralentir, en douceur.... jusqu'à avoir la certitude de peser 21 grammes.

Puis, au détour d'un tour, me sentir attirée par une présence amicale et inconnue, comme une invitation irrésistible. Avoir les yeux grands ouverts et ne rien voir. Une connexion sans toucher, sans regard, sans identification aux corps. Simplement deux énergies qui se rapprochent. Chacun reste libre, dans le vocabulaire de sa danse, relié à soi et à l'autre. La grâce d'une conversation s'installe, intime, profonde émouvante, à la périphérie des corps physiques. Se laisser guider par l'invisible, jouer avec, ressentir l'évidence d'un au-delà de la condition humaine, célébrer la joie d'être moi, avec pureté et simplicité. Mon âme connectée à une autre âme et avec tout l'Uni-vers. Puis, tranquillement, très progressivement se rapprocher jusqu'à s'effleurer, jouer des poids, des contrepoids, de l'équilibre à un ou deux dans l'éphémère de la connexion de nos corps physiques portée par leurs mouvements d'énergie vitale. Avoir la surprise renouvelée de se sentir pousser des ailes et s'envoler avec l'appui d'une cuisse, d'un bras, d'une épaule... Mon corps porté par celui d'un autre... dans une infini légèreté de l'être, comme en apesanteur. Magie d'être si intensément en vie.

Ressentir la preuve par le corps que tout est amour inconditionnel. Y puiser espoir et confiance en l'infini des possibilités du vivant.

Photo d'illustration : Gerd Altmann

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