· Vivre,Aimer,Célébrer,spiritualité,chamanisme

Dans mon enfance il y avait des tambourins, un truc de fanfare ou un jeu pour enfant. Il y avait aussi des êtres vivants : les êtres humains d'abord qui avait une âme c’était sûr et certain. Les animaux aussi étaient vivants et respectés. Peut-être qu’ils avaient une âme eux-aussi. Pas sûr. Quant au monde végétal, il était vivant et merveilleux. Après, il y avait tout le reste. Réputé inanimé, qui n'était que de la matérialité.

J'étais une jeune adulte quand pour la première fois, alors que je voyageais au Sénégal, j'ai été happée par des percussions qui entraînaient mon corps dans une danse inédite où ma tête n'avait pas sa place.

Bien plus tard, je me trouvais à vivre ce qui était censé être mon premier voyage au tambour. Bien que pratiqué par un des rares chamans reconnus (ou accepté ?) dans notre monde occidental, il ne se passa rien d’identifiable pour moi. L’impression que cela n’avait « pas marché ».

La vie m’amena d’autres circonstances. Lors de cérémonies chamaniques où je sentis une connexion profonde à l’univers, son expression immédiate par mon corps et ses tremblements bienfaiteurs. Lors de premiers voyages au tambour, où je voyageais vraiment. Pour autant je n’avais pas pris conscience de l’appel lors de ces moments là. C’est souvent comme cela ma vie, au moment où les choses sont censées se produire, cela n’arrive pas.

L’appel du tambour est arrivé comme les plus belles choses de mon existence : par surprise.

Je dansais quand je l'ai ressenti, avant même de l’entendre avec mes oreilles. J'ai ressenti les vibrations de cet esprit qui m'appelait de façon impérative : « viens, maintenant, c’est là que la vie se passe ! » Guidée par la boussole de mon cœur, je crois que j’ai couru pour le rejoindre. J'ai filé comme une flèche, saisie d’une urgence de joie de vivre. Je me suis arrêtée aussi près de lui qu'il m'était possible de le faire sans gêner celui qui le tenait. Je n’ai d'ailleurs pas prêté attention à cet homme, ce n'est pas lui qui m’intéressait. J’ai fermé les yeux pour mieux vibrer en chœur avec ce tambour, de tout mon être. J'ai dansé, mon corps guidée par cette connexion profonde qui n'existe que dans l'invisible. Soutenue par la force irrésistible de l’énergie de vie qui circule en moi dans ces moment-là, où aucune fatigue ne semble possible.

Cette intensité de vie qui fait que je sais être au plus bel endroit sur la Terre pour célébrer la vie. J'étais pieds-nus dans l'herbe, c'était un 21 juin lors d'une cérémonie du cacao. Quelques mois après, j’ai été informée que j'avais besoin d'un tambour. Je sentais qu’il ne s'agissait pas d'instrument de musique ou d'un objet pour faire du bruit, c'était un compagnon de route. Je me voyais aller partout avec lui. Il était aussi évident qu'il fallait que je mette mes intentions, que je ritualise sa matérialisation, que je sois impliquée pour sa création, cœur, corps et âme.

Alors j'ai pris la route.

Mon urgence intérieure a fait que je n'ai consacré que deux jours pour donner vie à mon compagnon de route. Deux jours de connexion profonde à mes guides pour leur demander soutien et force afin que mes intentions s'incarnent dans ce tambour. Deux jours d’étapes, de rituels, de circulation énergétique intense.

Avec l'évidence d’être au bon endroit sans savoir pour quoi. Acte de foi. Exaltation de me sentir soutenue dans ma quête. Manifestation de cette force dans mon corps physique. Pleurs de joie et de gratitude, en découvrant la symbolique exacte de mes intentions dans l'aligneur qui m'a été offert. Pleurs de tristesse de la nécessité de « prendre au vivant », de faire mourir une branche d'un arbre pour donner vie à ma mailloche.

Joie intense et montée d'énergie dans tout mon corps de sentir en approchant les mains de mon tambour l'énergie qui en émane. Mon âme et tous ceux qui l’accompagnent on agit : mon tambour est vivant. Vivant, le compagnon vibrant dont j'ai besoin pour soutenir mon chemin de vie.

L'évidence qu'il s'agissait de mon premier tambour. Les premières fois sont le sel de la vie. Elles sont exaltantes ouvrent de nouveaux horizons elles permettent d'intensifier et de faire grandir mon incarnation, elles ouvrent l'infini des possibilités.

Quelques jours après, alors que je venais juste de retendre la peau de mon tambour qui était officiellement fini, une amie me sollicite pour participer à une cérémonie avec la mission d'accompagner un voyage au tambour.

Je dis oui.

A la vie.

Tous Les Articles
×

Vous y êtes presque...

Nous venons de vous envoyer un e-mail. Veuillez cliquer sur le lien contenu dans l'e-mail pour confirmer votre abonnement !

OK