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Je dis Aime

La décision salvatrice

· Vivre,Identité,Aimer

- Comment t’appelles-tu ?

- Je m’appelle Anne Marie
- Anne-Marie comment ?
- … (ben c'est tout, qu'est-ce qu'elle veut de plus la dame ?)
- Elle ne connait pas son nom cette petite…

J’étais une enfant. Les adultes étaient censés en savoir plus que moi. Et pourtant, là, ils avaient torts. Ils ne comprenaient pas quelquechose de simplissime : Mon prénom est Anne, je suis la fille de Monsieur Marie, je m’appelle donc Anne Marie. RAS!

En devenant adulte, les choses ne se sont pas vraiment simplifiées. Il y avait toujours quelqu’un qui se trompait, m'appelait Marie ou Anne-Marie. Et oui, un trait d'union cela s'entend ! ça surpend beaucoup quand je dis cela. Mais c'est vrai. C'est entre autre ce qui explique qu'il soit si difficile de comprendre des analphabêtes : ils ne savent pas où commencent et où finissent les mots qu'ils prononcent. Et, le plus difficile était que je savais que cela pouvait se produire à tout moment. C’est violent de ne pas se faire appeler correctement. Je sais que ceux qui font l’erreur ne le font pas exprès. Je me dois donc de rester polie, alors que eux ne le sont pas. Difficile de rester aimable face à quelqu’un qui ne fait pas l’effort de respecter mon nom. Je l’ai fait. Toujours. Alors que j’ai eu bien souvent envie de jurer et d’exiger en criant très fort que l'on fasse l’effort de respecter mon identité. Si ce n'était par respect pour moi, que ce soit au nom du bon sens ou du savoir-vivre.

J’ai tenté pleins de trucs pour que les gens ne se trompent plus. Un jour j’ai compris que je m’étais fixée une mission impossible. Pour les autres, Marie est d’abord un prénom, ou une partie d’un prénom. Sauf peut-être pour les gens qui vivent dans le Calvados, berceau de la famille Marie. Cela demande donc un effort, pour ne pas s’embrouiller. C’est un peu comme le nom d’un produit : il faut soit inventer un mot, soit prendre un mot descriptif du produit en question. Si vous prenez un mot qui désigne un autre produit, ça ne marche pas. Aucun pro du marketing ne ferait cette erreur. Je n'ai pas le pouvoir de changer cela.
Ce constat ne change pas le fait qu’il me soit légitime d’attendre des autres qu’ils respectent mon nom. Pas question pour moi de changer de nom. Je porte le nom de mon père, c’est ma filiation. J’ai laissé un peu reposer ce constat de la solution à la fois impossible à trouver et indispensable.

Parfois je signais Anne M. Très vite, j’ai pensé que M, c’est aussi Aime. Le verbe aimer, conjugué pour être dans l’action, je trouvais que c'était une belle énergie vitale. J’utilisais ce pseudo sur Twitter, et des gens que je ne connaissais pas s’adressaient à moi en m'appelant Anne (magique!). Le jour où j'ai déclaré mon activité professionnelle, il y avait un champ pseudonyme dans le formulaire de l’URSSAF. Y inscrire Aime a été une évidence.


Je ne porte pas un pseudonyme pour cacher mon identité ou avoir 2 vies en parallèles…. Je me fais appeller Anne Aime pour que mon nom et ma personne soient respectés. Et ça marche super bien. C’est un immense soulagement, une simplification dans ma vie, dans mes relations aux autres.


Quelques mois après avoir pris l’habitude de m'appeler Anne Aime, j’ai compris qu’il y avait un cadeau bonus dans cette décision : le sens de s'appeler Aime. Il y a dix ans, j’ai rencontré un homme dont le nom commence par un M. Dans ma tête(!), je l’appelais Monsieur Vivant, car il avait une énergie vitale supérieure à la moyenne. Il m'en a donné un peu je crois. Il m’a fait découvrir, aimer Mathieu Chédid… dit M. Aujourd’hui, j'entends, je prononce, je lis, j'écris beaucoup plus souvent le mot “aime” qu'avant. Je sais le sens que cela a : “Je dis Aime / Et je le sème / Sur ma planète / Je dis M / La haine je la jette… ça, ça me fait vraiment du bien!

Une preuve de plus qu'affronter un problème difficile, c'est parfois l'occasion de faire d'une pierre, deux coups : régler le problème et bénéficier d'un cadeau bonus. Voici cette chanson en vidéo, juste pour le plaisir.

Photo d'illustration de Comfreak.

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