J’ai participé au projet Who’s web, annuaire de pros du web francophone et j’ai dû répondre à la question : « de quoi êtes-vous le plus fier ? ». Et j’ai réalisé que l’une de mes grandes fiertés est une expérience que j’ai supprimé de mon CV. Alors que j’en parle très souvent…

En 2004, suite à un bilan de compétence, j’ai décidé de devenir Editrice de livre. Changement de métier et surtout de secteur d’activité. 30 ans… peur de rien ;-) Pour des raisons culturelles et économiques, j’ai bien vite rebroussé chemin et je suis revenue dans le secteur Internet. Chez moi, finalement!

Dans les années qui ont suivies, je me suis retrouvée à devoir justifier auprès d’un public de recruteurs, cette expérience qui apparaissait incongrue dans mon CV. J’avais les réponses, moi qui réfléchis toujours à tout ! Mais, sur un entretien, ça prenait du temps au détriment de choses qui me paraissaient plus essentielles. Et surtout, alors que j’expliquais sincèrement le pourquoi du comment, j’ai souvent eu l’impression que ma réalité était insécurisante ou peu crédible pour mon interlocuteur (et/ou pour son client…). J’ai vu des yeux s’arrondir lorsque j’exprimais qu’éditer un livre, c’était contribuer à l’avancement du monde, comme de développer l’économie d’Internet… Le sentiment d’avoir une tâche sur mon CV.

Bref, ça m’a saoulé et j’ai préféré le mensonge par omission : j’ai supprimé la ligne.

Mais cette expérience est un projet qui m’a fait beaucoup évoluer, d’un point de vue professionnel et personnel. De façon accidentelle, j’y ai trouvé 3 choses. D’abord, ça a été ma 1ère utilisation de mon réseau. Je me marre en y repensant aujourd’hui, car, à l’époque, quand on m’a dit que l’important ce n’était pas les gens que je connaissais mais ceux qu’ils connaissaient eux, j’étais incrédule ! Moi, je ne connaissais personne dans l’édition. A force d’en parler à tout le monde, j’ai eu la première mise en contact. A ma grande surprise, j’ai rencontré pleins de monde, pas si difficilement. Ça m’a appris à parler à des inconnus (oui, c'était permis !), à m’intéresser à eux, à découvrir des points de vue différents, parfois étonnants. Et j’ai pris plaisir à cet exercice qui ouvre le monde des possibles. Ça ne m’a plus quitté, à titre personnel et professionnel. Et si je me suis intéressée avec un angle vie sociale aux réseaux sociaux, c’est grâce à ce mode de vie que j’ai adopté et qui n’a rien à voir avec Internet. Sans cela, peut être que 2Way Consulting existerait, mais avec une vision plus étroite, donc une valeur ajoutée bien amoindrie ! Peut-être même m’aurait-il été possible de rester salariée !

Le 2ème point est que je suis revenue vers Internet, avec l’ancrage profond de quelqu’un qui sait pourquoi il est là. Changer de secteur d’activité, c’est prendre conscience des particularités de celui d’où l’on vient. Comme un voyage à l’étranger permet souvent de réaliser ce qu’est être Français… les avantages et les inconvénients. C’est aussi la possibilité d’emprunter à la culture des autres, ce qu’elle a de bien, donc de s’enrichir.

Et enfin, pour faire du conseil auprès d’entreprises « traditionnelles », alors qu’on a connu que des pure players, c’est hyper précieux d’avoir un vécu ailleurs.

Comme quoi, une tâche ne révèle son pouvoir bénéfique qu'en s'étalant… ça donne une vue plus large, des motivations plus profondes et surtout, une finesse dans la pensée ;-)

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