A 14 ans ¾, l’amour m’est tombé dessus. Double choc. La surprise de découvrir l’Amour. Et celle qu’on ne m’ait pas prévenue que quelque chose de si merveilleux existait. Si nous avions peur de l’inconnu, de la sensation de manque de chaque minute passée l’un sans l’autre, nos joies, notre curiosité, et l’excitation de nos découvertes l’emportaient. La sensation d'être des privilégiés aussi! La vie avait enfin un sens, une intensité. Pour la première fois, mon monde existait. Parce qu’il suffit d’être 2 à partager un imaginaire pour qu’il devienne réel.

C’était la première lueur d’espoir. Le premier signe, que certes, il y avait les choses telles qu’elles sont, mais aussi les choses telles qu’il ne m’était même pas venu à l’esprit qu’elles pouvaient être.

Presque 10 ans après, alors que je cherchais mon premier travail, j’ai eu une conversation avec un des dirigeants de l’entreprise qui devait devenir mon premier employeur. Il m’a affirmé que, dans une entreprise, à part quelques métiers ultra-techniques, on pouvait tout faire, à 3 conditions (que je remplissais, d’après lui) :

  1. avoir fait des études (pour la gymnastique intellectuelle),
  2. avoir un bon relationnel (à l’époque je n’avais que la base qui est la politesse)
  3. avoir du bon sens (notion très subjective que je préfère aujourd’hui traduire par la capacité d’adopter les repères culturels et économique de son environnement, et donc, de faire preuve de bon sens pour cet environnement)

J’ai trouvé l’assertion surprenante, mais je n’avais rien à perdre à tenter. Je crois, surtout, que ces dirigeants, leur projet d’explorer une nouvelle économie (Internet) portaient une énergie vitale si intense, que j’avais simplement très envie de les suivre (je n'ai compris que bien plus tard, qu'il s'agit d'une énergie entrepreneuriale). L’atmosphère des entretiens de juriste que je passais par ailleurs, était très fade à coté. C’est ainsi que je me suis retrouvée au département marketing, sans vraiment savoir ce que ce mot voulait dire. Surtout, sans mesurer, que je venais de passer de la route à suivre, aux chemins qu’on trace soi-même.

Et, moi, qu’on avait tatouée “Intelligente… mais rebelle et fainéante”, j’ai travaillé comme je ne pensais pas qu’il m’était possible de le faire : beaucoup, avec persévérance, plaisir et succès. Grâce à la stimulation d’un manager dont les “Pourquoi pas ?” renforçaient mon énergie vitale qui matait mes peurs d'échouer... et de réussir! Et il y avait aussi une découverte de sens : l’utilité et la joie partagée de faire partie des artisans du progrès. Une façon d'être au monde plus intense.

Ce fut la deuxième lueur d’espoir. Une deuxième fois, les choses se passaient d’une façon qu’il ne m’était même pas venue à l’esprit qu’elles pouvaient être.

Les autres articles de la série Croire :

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Lumière! [3/3]

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