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Le (R)Appel de la Nature

· Vivre,Identité,énergie,spiritualité

Dans la nature, j’y suis quasiment née. J’ai passé mon enfance dans une maison isolée –socialement- au milieu des champs. Là où le « silence » existe au sens où il y a des moments sans bruit produit par l’homme. De fait ce silence n'existe pas. La nature s’avère bruyante pour celui qui écoute : le vent, l’air qui circule dans les végétaux ou caresse une oreille, les insectes et autres animaux s’expriment.

Séparation

J’avais presque 11 ans lorsque j’ai quitté la maison de mon enfance. J’ai emménagé dans un appartement en ville, là où les hommes et leurs constructions isolent de la nature, qui devient minuscule. Je suis retournée régulièrement dans « ma maison » sans plus jamais m’y sentir chez moi, quelque chose s’était brisé. Puis il ne m'a plus été possible d'y retourner du tout. Elle est aujourd'hui à l'abandon. Pendant des années j’ai pleuré cette maison, avec la complicité involontaire de Françoise Hardy, la seule qui semblait comprendre et compatir à ma tristesse.

J’ai cru cette tristesse due à la brutalité de mon départ. Des faits officiellement rangés dans la catégorie « trauma de l’enfant » par les psys. J’ai pensé être la victime collatérale d'une décision radicale prise par l’un de mes parents. Je n’ai alors pas compris que ma blessure venait d’avoir été soudainement séparée physiquement, sensoriellement, de la Nature. D’autant que la ville et son autonomie furent un vraie cadeau pour mon adolescence : une partie de moi pouvait enfin s'exprimer. Lorsque, jeune adulte, j’arrivais à Paris, je me surpris à m’y projeter pour longtemps. La ville de tous les possibles. Pas pour les musées ou les théâtres. Pour sa vie sociale : à Paris il y a toujours « quelqu’un qui » pense, fait, observe… ou a envie d’expérimenter, de réaliser quelque chose pour que le « monde avance ». Je suis de ces personnes qui perçoivent le vivant comme une évolution permanente… C’est toujours le moteur de mes projets, et pour me réaliser j’ai besoin des autres !

Unité

A 19 ans, je retrouvais un sentiment oublié : celui d’être « à la maison ». Ce fut une surprise lors d’un séjour dans le Sahara. Me sentir minuscule dans une immensité qui me dépasse et dont je fais partie. Me sentir intensément moi simplement en me sentant respirer. Vibrante. J’avais trouvé un lieu magique. Un lieu dont beaucoup semblait ignorer l’existence ou considérer comme anecdotique. Un endroit qui répondait à un besoin vital pour moi. Je me décidais alors à y retourner régulièrement. Changeant de zone et de pays, pendant plusieurs années. Le Sahara est d’abord un lieu où la Terre fait sa loi et où l’homme s’y adapte avec une forme d’humilité fluide. Ma soif de nature s’est un peu diversifiée vers d’autres régions du globe, avec toujours cette envie de marcher sur une Terre en terre pour me sentir humaine : toute petite et intense, reliée via la Nature à un grand tout qui me dépasse et m’inclut. Je posais ensuite mon sac à dos pour vivre une nouvelle étape. Pendant des années, quasi-immobile, j’appris à voyager en moi. Des premiers pas sur cette terre intérieure et inconnue, avec appréhension et maladresse d’abord. Puis des surprises, de l’émerveillement et un accès à une ressource infinie de confiance, de sécurité, qui semble non répertorié dans la culture dominante de la France. Cette quête s'est approfondie dans le contexte d'une crise existentielle profonde et a pris la forme de nombreuses retraites hors de mon domicile, toujours « dans la nature ». Je pris l'habitude de méditer chaque jour et surtout, d'explorer mille et une voie, pour grandir en conscience. Impactant sur mon être au long court, ce chemin m'offre de la douceur, de la joie et de la légèreté immédiatement. Cette étape de ma vie à donné naissance à Prends Soin de Toi, un programme de développement personnel et spirituel, pour lequel j'ai écris un livre où j'ai inventé un mot : "naturer", car il me parait manquer au français.

« Naturer [verbe d’action] : être une partie de l’écosystème qu’est la nature et agir en cohérence. »​ Anne Aime

Dissonance

Petit à petit est monté une impression de dissonance lorsque je rentrais dans mon « chez moi physique », à Paris. L’impression d’être rétrécie sur un plan sensoriel. Comme on me le fait souvent remarquer, j'habite pourtant un appartement privilégié pour une parisienne. Tant par le fait qu'il donne sur un jardin où les oiseaux s'expriment que par la déco intérieure où j'ai notamment installé un arbre et des troncs de bouleaux pour répondre à ma soif de nature.

Mais voilà, cela n’était plus assez, mon corps et mon cœur exigeaient un autre mode de vie.

Itinérance

Impossible de me passer complètement de Paris, pas envie non plus. Alors s’est imposé une urgence : être dans la nature dès que possible, être à Paris lorsque nécessaire. Je suis bien à Paris et dans la nature je suis mieux. Avec mes pratiques pour grandir en conscience, je ressens l’énergie vibratoire de mon lien avec les éléments de la Nature. Non, je ne fais pas de câlins aux arbres, j’ai découvert des moyens bien plus naturels pour moi de m’y connecter. Lorsque j’arrive ensuite à Paris j’ai l’impression littérale d’avoir pris un « shoot de nature », une forme d'énergie du vivant en concentré. Me sentir en itinérance, jamais posé trop longtemps quelque part augmente la fluidité, la légèreté, la simplicité de ma vie, le sentiment d'être partout chez moi. A Paris, je suis dans mon élément, comme un apnéiste professionnel est super bien sous l’eau. Il est pleinement conscient que c’est grâce à l’air libre que c'est possible. Ce n’est donc pas que nous humains avons besoin de la nature, c’est que la nature est une partie de nous et nous sommes une partie d'elle. Nous nous mettons une difficulté lorsque nous nous en coupons, ce qui est le cas lors de séjours prolongés en ville.

Ce que j’ai éprouvé empiriquement a été prouvé scientifiquement. Ce qui veut dire que cela s’applique au-delà de moi, à tous les humains.

Ce que j’ai cru être un « appel de la nature » s’avère être un rappel. Un rappel à la nécessité de respecter mon humanité en ayant un mode de vie où je vibre avec ma Nature.

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