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Belle et rebelle ?

Mieux vaut être belle et rebelle plutôt que moche et remoche, m’a dit un jour un ami.

Un rebelle est insoumis à la culture, à la vie sociale de son époque. Il lui est impossible de penser et vivre comme la majorité que l'on qualifie de silencieuse. De connaître le confort apparemment douillet des conventions sociales. Impossible pour lui de se laisser bercer par les illusions de sécurités collectives, en cochant les cases du bonheur prêt à l’emploi.

Il est éveillé, lucide.

Il ne l'a pas choisi. Il ne peut rien y faire.

Simplement, le pour quoi de son incarnation, lui offre un regard différent.

Il a la réputation d'être insoumis.

C'est faux. Soumis, il l'est doublement.

D'abord à l’intensité de ses perceptions, à sa connexion intérieure. Soumis à une intériorité qui s’exprime très fort, parfois trop pour ses épaules. Elle lui révèle, avec tellement d'évidence que les autres ne voient pas clair, qu'ils se fourvoient. Parfois, il aimerait que cette voix intérieure se taise, pour se relier à ses semblables tranquillement. Quoiqu'il fasse, elle s'exprime toujours plus fort.

Ensuite il est soumis au statut d'opposant, à s’élever contre. Il combat ou il évite. Dans tous les cas, il se positionne par rapport à un cadre de référence extérieur à lui-même : celui adopté par les conventions, l'ordre social de son époque. Il ne part pas de qui il est, mais de qui il n'est pas.

La rébellion n’est pas un choix, c’est une situation subie. Un conflit interne entre l’élan de vie en soi et le besoin de reliance à l’humanité.

Le rebelle ne peut ni entrer dans le cadre, ni vivre sa vie en dehors. Il traîne son mal-être dans d’incessants allers-retours. De l’un à l’autre, ni dans l’un, ni dans l’autre. Sa colère qu’il contient ou pas mets souvent une mauvaise ambiance. Même si on lui reconnait parfois qu'il aide les autres à réfléchir.

La lumière n'est pas seulement au bout du tunnel, elle est tout autour. Partout, elle inonde ce qui est.

Sauf situation particulière ou prise continue de médicaments psy, la double soumission du rebelle ne peut se résoudre que par la voie de l’intériorité : connexion intérieure avec ses guides spirituels. Ceux-ci désespèrent parfois de ne pas être assez entendus au point d’apporter des preuves de leurs soutiens infinis !

C'est par l'intérieur que les chemins de libre circulation de la lumière se mettent en place .

Entre la pression de ses semblables et la connexion à ses guides, peu à peu le rebelle place son libre arbitre.

On ne devient pas travailleur de lumière. On l’est.

Simplement, pour la plupart d’entre nous, nous devons le découvrir par nous-même. Puis vivre le coming-out qui va avec.

Comme une crise d’ado non identifiée.

Comme une crise d’ado car c’est une transformation identitaire majeure. Nous explorons les polarités de l’ombre et de la lumière. Parfois consciemment, volontairement, le plus souvent parce que cela vient à nous. Sans préavis, avec surprise, intensité et violence parfois. Connectés aux énergies de l’Uni-vers, nos cœurs sont à l'unisson. Dans les extases et les tempêtes.

Non identifiée parce que cette crise de croissance qui n'est pas qualifiable par des transformations visibles du corps physique, est réputée être une expérience de personne qui va “pas bien”. Traduction : a de “gros problèmes psy”. Ou alors ne pas exister, être une invention totale. Invention qui, si elle est revendiquée, rejoint donc la catégorie “psy”.

Non identifiée car notre culture dominante ne sait pas qu’il s’agit d’une manifestation saine et normale du vivant. Un vivant en évolution à travers chacun, et à l'échelle de l'humanité. Pour l’adolescence, il y a pleins d'adultes pour dire "c’est normal, ne t'en fais pas !". Pour cette crise là, les adultes sont minoritaires, donc inexistants dans l'entourage de beaucoup, qui devront traverser cette crise dans la solitude.

Du moins, au début.

La résolution de la crise

C’est parce que le rebelle accepte les conventions de ses semblables comme étant les leurs, leurs vérités extérieures. Sachant qu’il ne partage par leurs illusions, il peut les prendre en compte, tels qu’ils sont. En les acceptant par l’ouverture de son cœur, il se connecte à l’universel de l’humanité et devient membre du groupe.

C’est parce qu’il crée de l’espace en lui-même pour s'accueillir, pour faire connaissance avec sa vérité intérieure, pour développer autonomie, responsabilité et soin de lui-même. C’est parce qu’il s’accepte tel qu’il est, avec sa part inconnue en devenir, qu’il se connecte à sa singularité et appartient au vivant, entité infime, unique, élément de l’univers.

Il est alors en capacité de créer et développer des ponts entre l’universel de l’humanité et sa singularité. Cela lui apporte une forme de plénitude à vivre, d’exaltation à s’accomplir.

Il vit un double mouvement d'ouverture relationnelle. Il est plus sélectif dans ses fréquentations, il rencontre enfin ses semblables, tel un cygne du conte d'Andersen. La fin de sa double soumission et sa tranquillité intérieure toute neuve font de lui quelqu'un qui s'adapte avec justesse aux situations de vie sociale. Il devient souvent charmant et "facile à vivre" pour la majorité qui se dit silencieuse et qu'il ressent alors bruyante.

Alors, certains le pensent libre.

C’est au-delà de ça.

Il est sauvage.

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